alambic

l'Alambic

Après la visite de la forge et de l’atelier du charron, nous pénétrons dans les locaux d’habitation.

En entrant, tout de suite à droite, se situe la pièce dite « chambre de cave ».

Vous y trouverez l’alambic ainsi que les accessoires utiles à la distillation, les tonneaux pour la fermentation des fruits, les bonbonnes pour le stockage de l’eau de vie.

L’alambic est de petite capacité (environ 60 litres) ; il convient pour fabriquer l’eau de vie de cerises, prunes, pommes ou poires du verger, et celle de petit fruits de montagne (framboises, mûres).

L’utilisation de l’alambic demande beaucoup d’expérience et d’astuces, mais l’eau de vie (qu’on appelait aussi « goutte », surtout ici, mais encore « gnôle » ou encore « schnaps » comme en Alsace) pouvait être d’excellente qualité.

La cuisine

A l’origine de cette construction, en 1769, sous Louis XV, la disposition des pièces était celle de toutes les fermes du village. A la suite de l’extension réalisée par Jules en 1878, la fenêtre de la cuisine, au-dessus de l’évier, ne débouchait plus sur l’extérieur.

Pour retrouver sa luminosité, en 1908, Camille supprime la petite chambre et prolonge le couloir. Il donne ainsi à la cuisine la place et la forme qu’elle a encore actuellement.
           Le robinet est installé depuis 1930 ; auparavant, l’eau des puits ou de la fontaine était bue fraîche ou gardée en réserve dans des seaux ou des baquets. Le gros baquet présenté ici servait à la toilette, mais surtout à la lessive.

L’évier en pierre était, lui aussi, utilisé pour la menue toilette, le lavage de la vaisselle, et parfois même l’aiguisage des couteaux, ce qui irritait la maîtresse de maison !

Le fourneau, allumé à chaque repas, même en été, au feu vif de genêts et de fagots, assurait la cuisson, le chauffage, le séchage. A la veillée, ce brave petit feu lançait encore des craquements, éclairs et ombres qui réjouissaient les cœurs.

Les marmites, leurs couvercles et rondelles étaient en fonte, les casseroles et cuvettes en fer émaillé, les couverts, louches, et autres accessoires en fer étamé. L’émail écaillé, était irréparable, par contre la couche d’étain usée et ternie était remise à neuf à peu de frais part l’étameur ambulant.

Ces ustensiles servaient à préparer une soupe de légume savoureuse et des plats injustement oubliés.

cuisine

La salle à manger

Cette pièce est contiguë à la cuisine. Dans les années 1870, elle était aménagée en salle de café. Le placard mural encore en place servait au rangement des bouteilles et des verres. Par la suite, elle redevint salle à manger (le poêle).

Le mobilier est simple : table, chaises, buffet et canapé, ainsi que la banquette, près du fourneau, où Camille se reposait quelques instants chaque jour après son repas de midi. Sous ce fourneau en fonte, vous voyez la pierre de base du « fourneau de muraille » démoli vers 1954. Il est visible sur la photographie qui est accrochée au-dessus de la banquette, avec se date de fabrication : 1769 (date vraisemblable de la construction de la maison).

 

Ce « poêle », appelé souvent « la grande chambre » servait aux veillées, aux repas de fête ; c’est aussi là que les parents et amis venaient rendre un dernier hommage aux défunts du foyer.

La fontaine à absinthe. La « fée verte ». L’absinthe est une liqueur alcoolique de couleur verte d’où son appellation, produite essentiellement à partir de la distillation des feuilles d‘absinthe séchées et d’anis. Cette boisson, très prisée dans la seconde moitié du XIXème siècle, est interdite en France en 1915 du fait de sa toxicité.

La chambre de César

 

Cette pièce est très modestement meublée. A droite, une « garde-robe », une horloge comtoise que l’on trouve dans la région.

Sur la table de nuit, une bouillotte en douille d’obus et un roman populaire (1913).

 

Le lit en fer moulé avec pommes en laiton possède un matelas en crin.

Son traversin est enveloppé d’une housse en toile écossaise provenant des tissages de la région.

 

Remarquez au sol, chose courante et utile dans les fermes, deux trappes qui permettaient de vider directement les sacs de pommes de terre dans la cave.

chambre cesar

La chambre de la repasseuse

la repasseuse

Avant son mariage, en 1907, Marie Justine MONNIER exerce le métier de repasseuse publique.

En, effet, le linge délicat et de cérémonie était confié par les maîtresses de maison à une professionnelle.

Marie Justine quitte ce métier quand elle épouse Camille PETITJEAN mais doit le reprendre vers 1930 quand arrive la crise de la maréchalerie, afin d’apporter sa contribution aux ressources du ménage en baisse.

 

C’est dans cette pièce qu’elle exerçait cette activité.

C’est sur ce fourneau spécifique qu’elle chauffait au bois les différents fers à repasser en fonte lui permettant de repasser linges et vêtements.

 

La qualité, la finesse de son  travail étaient reconnues par tous ses clients.

 

Les autres objets présentés ici -qui ne se trouvaient pas dans l’atelier de Marie Justine- servaient à réparer ou confectionner les vêtements. Dans cet espace se trouve aussi des cardes à laine.

            La plupart des familles du village possédaient ces outils au début du XX ème siècle. Ils leur permettaient de réparer ou confectionner eux-même une partie de leurs vêtements ou de leurs linges, afin de minimiser les dépenses.

 

La cuisine de Jules

En 1907, Catherine PILLER, la femme de Jules PETITJEAN, décède.

Veuf à 57 ans, son mari partage ses biens entre ses deux enfants Camille et Emma, tout en se réservant des moyens de subsistance.

En effet, il n’existe aucun système de retraite ; Emma doit à son père une pension mensuelle de 36 francs or et Camille, qui devient propriétaire de l’exploitation artisanale et agricole, une pension de 25 francs or seulement, car il assure le logement du père, au premier étage, dans une cuisine et une chambre à coucher.

 

Nous sommes ici dans la cuisine où Jules préparait ses repas de 1907 à son décès en 1923, quand il n’était pas invité à la table de son fils.

 

Cette pièce deviendra, par la suite, la chambre de débarras de la famille de Camille car elle n’a aucune ouverture sur l’extérieur.

La chambre de Jules

Le mobilier de cette pièce est sommaire ; un lit de coin monté sur roulettes, une table de nuit, une commode, une table de toilette en marbre blanc et quelques accessoires.

En raison de sa literie, un tel lit est appelé « lit de plumes », l’édredon et le traversin sont remplis de plumes et duvet de volailles et ensuite habillés d’une housse amovible lavable.

Il n’y a ni couverture ni drap de dessus.

A remarquer également la chaufferette en fer blanc avec son tiroir à braises posée sur le sol.

Accrochée au mur, une photographie de Jules, jeune homme.

La chambre de Camille et Justine

C’était la chambre à coucher des parents.

Eclairée sur deux cotés, ses fenêtres s’ouvraient au soleil sur la place du village et ainsi sur la vie du village.

Les soirées d’hiver, pour tempérer la pièce, l’air chaud venu du poêle du rez-de-chaussée débouchait par l’astucieuse trappe. De plus, délicate attention, le mari déposait la bouillotte tiède aux pieds de son épouse.

Dés 1907, cette chambre a abrité le bonheur du couple.

Près du lit haut et étroit, le berceau a accueilli tour à tour leurs quatre enfants.

La porte qui est voisine de ce berceau donne sur une petite chambre  : la chambre des filles.

Au mur, on peut voir le portrait de Justine avec ses enfants et son neveu.

 

faire son lit