Si Rougemont-le-Château m'était conté

Rougemont (ou Rougemont-le-Château depuis une décision du Conseil municipal prise en 1873) a été, entre 1871 et 2015, le chef-lieu de canton de la partie restée française du canton Masevaux perdu lors de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Constitué à l’origine de 4 communes (Leval, Petitefontaine, Romagny et Rougemont), le canton avait été modifié, en 1982, et aux 4 communes originelles s’étaient adjointes 6 communes prises pour 3 d’entre-elles sur le canton de Fontaine (Felon, Lachapelle-sous-Rougemont et Saint-Germain-le-Châtelet) et pour les 3 autres sur le canton de Giromagny (Bourg-sous-Châtelet, Etueffont et Anjoutey). En 2013, à la recherche d’une meilleure représentativité des femmes dans la vie politique, le Gouvernement redéfinit le maillage territorial des cantons, en divise le nombre par 2, chaque nouveau canton étant désormais représenté par 2 conseillers, un homme et une femme, inscrits selon l’ordre alphabétique sur les bulletins de vote… et le canton de Rougemont disparaît, fusionné avec celui de Giromagny.

 

Le territoire de Rougemont tel que nous le connaissons aujourd’hui est constitué de 2 parties longtemps restées séparées, le domaine de Saint-Nicolas-des-Bois, un prieuré fondé au 11e siècle par un ermite nommé Pierre – que l’on a très souvent (sans preuves tangibles) assimilé à Pierre l’Ermite, un des initiateurs de la Première Croisade -, et le village de Rougemont qui après avoir dépendu de la seigneurie de Rougemont, dépendait des seigneuries réunies de Masevaux et Rougemont, à la fin de l’Ancien Régime.

Saint-Nicolas-des-Bois avait d’abord été une dépendance de l’abbaye bénédictine bourguignonne de Molesmes. Le prieuré ayant été détruit durant la Guerre de 30 ans, l’archiduc d’Autriche, Léopold (1586-1632), le réunit à l’Abbaye de Munster (1620) puis, après la mort du dernier prieur, au Collège des jésuites d’Ensisheim (1630). La suppression de la Compagnie de Jésus en France (1664) entraîne une nouvelle attribution des terres de Saint-Nicolas-des-Bois qui vont au Collège Royal de Colmar[i]. A la Révolution, le domaine est saisi par l’Etat qui le vend, sous le règne de Louis-Philippe, à François-Joseph Haas (Guebwiller, Haut-Rhin 15 mai 1778-23 février 1839 Belfort), député du Haut-Rhin et banquier à Belfort, grand-père d’Emile Keller (Belfort 8 octobre 1828-20 février 1909 Paris)[ii].

Pendant longtemps (et jusqu’aux traités de Westphalie, en 1648), la seigneurie de Rougemont a été la possession de princes autrichiens. Elle formait avec le comté de Ferrette, et d’autres territoires du Sundgau, ce que, dans les anciens livres d’Histoire, on appelait l’Autriche antérieure, c’est-à-dire, des territoires qui avaient appartenu aux Habsbourg bien avant que ces princes ne deviennent ducs d’Autriche, le premier des Habsbourg à devenir duc d’Autriche étant Rodolphe Ier (Sasbach-am-Kaisertuhl, Allemagne 1er mai 1218-15 juillet 1291 Spire, Allemagne), en 1276.  

Le traité de Munster (24 octobre 1648) qui mettait un terme à la Guerre de 30 ans entre la France, ses alliés protestants[iii] allemands et l’empereur du Saint-Empire romain germanique, Ferdinand de Habsbourg (1608-1667) substitua le roi de France à l’empereur d’Allemagne dans les droits que celui-ci possédait en Alsace mais, auparavant, Turenne[iv] ayant conquis l’Alsace, Louis XIII, désireux de récompenser les officiers  – souvent étrangers – à son service avait décidé de leur accorder des possessions en Alsace: le lieutenant-général Reinhold de Rosen (Livonie 1605-8 décembre 1667 Dettwiller, Bas-Rhin), un officier suédois qui combattait pour la France, reçut la seigneurie de Thann, Louis de Champagne, comte de la Suze (1555-1636), les seigneuries de Belfort et de Delle, le colonel Bertz, la seigneurie d’Altkirch et le colonel Georg-Christoph von Taupadel (1595-12 mars 1647 Blotzheim, Haut-Rhin), major-général des armées du duc de Saxe-Weimar, et après lui son fils, Axel (12 juin 1630-23 juin 1672 Bâle, Suisse), colonel d’une compagnie de cavalerie allemande, le comté de Ferrette. Lorsque, en Juin 1658, Louis XIV attribua au cardinal de Mazarin[v] les seigneuries de Delle, de Thann, d’Issenheim et d’Altkirch, l’acte ne concernait pas la seigneurie de Rougemont qui dépendait du comté de Ferrette. Ce n’est qu’en 1660, au lendemain de la paix des Pyrénées (7 novembre 1659), entre la France et l’Espagne, que Louis XIV pour remercier Mazarin de la part qu’il y avait prise, fit don au cardinal, du comté de Ferrette. A sa mort, le cardinal ayant rétrocédé ses terres à Louis XIV, celui-ci, en 1681, en investit le fief de Rougemont, au maréchal de camp Hubert-Nicolas (ou Humbert-Nicolas) de Reinach (1651- 1er juin 1696, tué à la bataille de Hostalric en Catalogne, lors de la Guerre de Succession d’Espagne), qui décéda sans postérité. Au décès de celui-ci, le fief fut donné à Nicolas Chalon du Blé marquis d’Huxelles (Châlon-sur-Saône, Saône-et-Loire 24 janvier 1652-1730 Paris) qui ne mit jamais les pieds dans sa seigneurie. Le marquis – homosexuel – étant mort célibataire, le roi conféra alors le fief à Conrad-Alexandre de Rothenberg (Masevaux 26 février 1684-4 avril 1735 Paris) dont la famille était originaire de Silésie. Déjà seigneur de Masevaux[vi], c’est avec lui que fut mis en place l’administration commune des seigneuries de Rougemont et de Masevaux. En 1721, Conrad-Alexandre de Rothenberg épouse la comtesse Jeanne-Madeleine de Helmstatt, mais le couple n’ayant pas d’enfant, les biens de Conrad-Alexandre passèrent à ses deux sœurs: Anne-Louise-Claire (-16 Juillet 1757 Masevaux), chanoinesse de Remiremont[vii], et Jeanne-Marie-Catherine (1691-1720) qui avait épousé Nicolas-Joseph de Vaudrey (1659-1733)[viii], veuf de Françoise-Ferdinande d’Andelot (-1694). En 1731, Jeanne-Octavie (1715-8 août 1788 Saint-Rémy-en-Comté, Haute-Saône), fille de Jeanne-Marie-Catherine et de Nicolas-Joseph épousa le marquis Anne-Armand de Rosen (Bollwiller, Haut-Rhin 17 juillet 1711-28 novembre 1749 Paris), son cousin[ix], et lui apporta en dot, la seigneurie de Rougemont. A son décès, leur fils, Eugène-Octave-Augustin de Rosen (Bollwiller, Haut-Rhin 24 août 1737-2 avril 1775 Bollwiller)[x], ne laissait qu’une fille, Sophie-Rose de Rosen-Kleinroop (Paris 10 mars 1764-31 octobre 1828 Paris), qui, en 1779, épousa Charles-Louis-Victor de Broglie (Paris 22 septembre 1756-27 juin 1794 ou 9 Messidor An II Paris) et lui apporta en dot, la seigneurie de Rougemont. Député de la noblesse des baillages de Colmar et Sélestat aux Etats-Généraux, il fut en 1794, une des dernières victimes de la Terreur. Sa veuve épousa alors Marc-René de Voyer de Paulmy d’Argenson (Paris 10 septembre 1771-1er août 1842 Paris). Sophie de Rosen qui avait eu 4 enfants avec Victor de Broglie en a eu également 4 avec Marc-René d’Argenson[xi] et, aujourd’hui, l’hypothétique seigneur de Rougemont serait le prince Philippe-Maurice de Broglie, descendant de Sophie de Rosen et de Victor de Broglie[xii].

 

Pendant longtemps et jusqu’à une date récente, la paroisse de Rougemont, sans doute détachée de celle d’Angeot au 16e siècle,  regroupait les villages de Leval, Romagny et Rougemont ainsi que le hameau de St-Nicolas qui, s’il ne représente plus grand-chose en terme de population, a connu des heures d’intense activité, entre le 16e et le milieu du 19e siècle, avec une importante population de charbonniers, de verriers et d’agriculteurs. Jusqu’à la Révolution, Rougemont et St-Nicolas étaient tous les 2 le siège d’une Mairie. Aux temps anciens, la paroisse s’étendait aux mêmes territoires mais elle concernait aussi, à ses marges, des familles qui ont pu, par la suite dépendre de Lachapelle-sous-Rougemont, Angeot, Felon ou St-Germain-le-Châtelet, les paroisses de Lachapelle-sous-Rougemont (détachée d’Angeot en 1741), Felon (détachée d’Angeot en 1767) et St-Germain-le-Châtelet (détachée d’Angeot en 1767) étant de constitution relativement récente        

 

Le nom de Rougemont (Rubeomonte en latin et Rothenberg en allemand) fait référence aux affleurements de grès rouge des Vosges qui se manifestent dans la région tant à Rougemont qu’à Leval, Romagny, Etueffont et St-Germain où une carrière a été exploitée aux 18e et 19e siècles qui a fourni, entre autres, les pierres de construction de l’église de St-Germain.

 

Si rien ne permet de penser que le village et ses environs aient pu être peuplés à l’époque préhistorique, il est à peu près certain qu’il le fut à l’époque celte, la fréquence dans la toponymie de noms d’origine celte permettant de donner quelque crédit à cette hypothèse. Le village étant situé sur la route longeant le pied des Vosges, de Masevaux à Giromagny, il est probable qu’un établissement militaire romain y fut installé et transformé en forteresse à l’époque franque mais les premiers châteaux-forts étaient des constructions en bois et il n’en reste rien[xiii].

 

C’est à partir du 12e siècle que sont construits les premiers châteaux-forts en pierre et c’est, en 1105, qu’apparaît, pour la première fois dans les textes, parmi les témoins des chartes de fondation et de donation du prieuré de Froidefontaine le nom d’un seigneur de Rougemont (Thibaut de Rougemont) – une ambigüité subsistant quant à savoir de quel Rougemont il s’agit!

Rougemont possédait 2 châteaux: un château au sommet de la montagne des Boules (aujourd’hui en ruines) et un château dans le village (dont les restes ont complètement disparu à la fin du 19e siècle), les 2 châteaux ayant sans doute été construits par Ulrich Ier, comte de Ferrette, au 13e siècle. La Haute justice (celle qui peut condamner à mort) dépendait du château du haut, la Basse justice, du château du bas, la peine de mort par pendaison s’effectuant en un lieu encore évocateur de ce qu’il fut :  » le Champ des fourches « , les fourches faisant référence aux fourches capitulaires.  

 

Dans les premiers temps de la seigneurie, Rougemont embrassait un plus grand nombre de villages qu’aux 12e et 13e siècles. En 1390 (date où un règlement colonger[xiv] est passé entre les habitants de Rougemont et le duc d’Autriche) , elle couvrait encore un territoire qui s’étendait de Belfort à Masevaux et de Montreux à Auxelles avec les villages de Leval, St-Germain, Romagny, Saint-Nicolas, Petitefontaine, Felon, Phaffans et toute sa paroisse : Roppe, Denney, une partie de Bessoncourt, Menoncourt, Béthonvilliers, Vétrigne, Lacollonge et Eguenigue et jusqu’en 1354, Etueffont-Bas, Etueffont-Haut, Anjoutey, Petitmagny et Bourg, détachés de la seigneurie de Rougemont pour être rattachés à la seigneurie du Rosemont.

En 1347, la seigneurie de Rougemont revint, par son mariage, à Albert d’Autriche qui, en 1354, en détacha pour les incorporer à la seigneurie du Rosemont, les 5 villages de l’Est et engagea le reste de la seigneurie à Jean, comte de Habsbourg pour 17 500 florins d’or.

De l’origine au 17e siècle où l’Alsace passe sous la dépendance du roi de France, 3 types de domination se sont manifestées:

– la domination des comtes de Ferrette dont la seigneurie constituait la marge occidentale. Vindicatifs et querelleurs, ils la défendent âprement.

– la domination des Habsbourg dont les préoccupations sont en Allemagne et qui ne voient dans leurs territoires de l’Ouest que des sources de revenus. Ils ne veulent pas mettre en place une administration coûteuse et préfère la mise en gage. C’est de cette époque que date le morcellement de la seigneurie de Rougemont, la mise en gage pouvant parfois affecter certains villages, quelques habitants, des impôts ou redevances…

– la domination des seigneurs engagistes, surtout préoccupés de tirer profit de leurs gages. 

 

Si Rougemont a connu des exploitations minières sous les Habsbourg, peu de chose ont été entreprises depuis.

Hubert-Nicolas de Reinach avait bien obtenu l’autorisation de construire une forge et un fourneau et de chercher du fer à 2 lieues alentour mais il ne fit rien. En 1715, Jean-Henry d’Anthès (Weinheim, Bade-Wurtemberg, RFA 1670-2 novembre 1733 Oberbrück) et Philippe Sauvage prennent la seigneurie de Rougemont à bail. Jean-Henry d’Anthès exploite des mines et des forges à Giromagny, à Masevaux et dans la vallée de la Doller, à Roppe, à Phaffans et à Bessoncourt… pourtant, il n’entreprend rien à Rougemont et il faut attendre le début du 20e siècle pour que Pierre Keller[xv], propriétaire de plusieurs centaines d’hectares à Saint-Nicolas, fonde une petite usine d’extraction de sulfate de baryum, un produit utilisé pour le blanchiment du papier, et ouvre des galeries à flanc de montagne mais l’exploitation ne dure que quelques années et les bâtiments sont reconvertis en scierie (dont l’activité a cessé) après la Première guerre mondiale.  

 

Avant l’ère industrielle, Rougemont a connu dans des domaines bien différents, 2 expériences originales:

  • expérience originale avec l’installation au début du 18e siècle, dans le vallon de Saint-Nicolas, d’une verrerie. Une entreprise pré capitaliste menée par des professionnels hautement qualifiés qui venaient de Suisse et d’Allemagne et qui va durer une trentaine d’années. Mais la verrerie est loin des centres de consommation, elle utilise beaucoup de charbon de bois et entre directement en concurrence avec les forges et fourneaux de la région et les verriers émigrent en Haute-Saône, à Miellin.
  • expérience originale encore mais dans le domaine agricole cette fois, avec l’installation entre 1740 et 1840, toujours dans le vallon de Saint-Nicolas, d’une colonie de fermiers anabaptistes groupés autour des familles Klopfenstein et Muller, chassées de Suisse au début du 18e siècle et qui après avoir trouvé refuge dans le Pays de Montbéliard se sont installées dans les fermes libres un peu partout où elles se trouvaient. Bons agriculteurs, ils développent des méthodes novatrices d’élevage que Jacques Klopfenstein (Rougemont 15 février 1763-23 Septembre 1843 Belfort) vulgarise à travers un almanach édité chaque année à partir de 1812 (L’Anabaptiste ou le Cultivateur par expérience).

 

La véritable mutation de Rougemont vers l’industrie se passe durant le second quart du 19e siècle, grâce à la rivière Saint-Nicolas qui permet aux industriels s’installant près de l’eau de bénéficier d’une énergie hydraulique facile à produire et grâce à la présence dans le village d’un personnel compétent issu d’un tissage à bras ouvert par Koechling et Cie qui a fonctionné de 1818 à 1838. Le tissage qui ne faisait pas appel à l’énergie hydraulique était installé dans une ancienne caserne utilisée par l’armée d’occupation autrichienne, en 1815, située près du presbytère :  

– c’est d’abord Charles-Edouard Schmerber[xvi] qui transforme le moulin jusque-là exploité par François Rimbold en usine de serrurerie. En 1882, est fondée la Société Schmerber fils et Cie, spécialisée dans la fabrication de pièces pour machines textiles. Le développement de l’usine est lié au développement des autres usines qui alors se créent à Rougemont mais aussi dans les environs (à Etueffont, à Saint-Germain, à Rougegoutte), usines de filage ou de tissage. La société ferme, en 1910, et, en 1919, les bâtiments sont repris par Pierre (Giromagny 26 Août 1891-8 Août 1969 Besançon, Doubs) et Joseph (Giromagny 18 février 1893-24 Décembre1963 Belfort) Kern[xvii] qui conservent une production métallique. Société en nom collectif, leur société, Kern Frères devient une société anonyme en 1923, les Etablissements Kern[xviii]. Mais l’entente entre frères ne dura pas et, en 1931, Joseph quitta la société pour créer, à Belfort, une entreprise de commerce. Reprise par Tréfila, en 1936, qui en conserve la raison sociale, la direction de l’entreprise est alors confiée à des israélites, Pierre et Théo Weiler, qui fabriquaient du grillage en Sarre. Mais la guerre les fit fuir aux EUA et leur successeur (1940), Stein, un juif allemand mourut en déportation. Avec lui, la société changea d’orientation pour se tourner vers le chromage et le polissage de pièces métalliques.  Mise sous séquestre, l’usine de Rougemont est alors administrée par le Maire de Rougemont, Victor Donzé (Rougemont 26 Avril 1884-29 Novembre 1959 Rougemont), gérant des biens juifs. De 1947 à 1957, la société est dirigée par Paul-André  Claer (Rougemont 26 Septembre 1902-26 Septembre 1963 Rougemont) pour être finalement vendue, en 1957 à Thécla (Delle), une société fondée en 1925, pour reprendre la clientèle française des Usines Thécla basées en Suisse, à Sainte-Ursanne (ancienne commune du Jura) et passe sous capitaux français en 1939. Devenue la SRD Société de Revêtement et Décoration, l’entreprise de Rougemont est spécialisée dans le polissage et le chromage des pièces en zamak, un alliage de zinc (z) à 95 %, aluminium (a), magnésium (ma) et cuivre (kupfer, f en allemand) pour l’industrie automobile (poignées, rétroviseurs) et le sanitaire. Le directeur est alors Claude Cattey qui quitte l’entreprise en 1970 et est remplacé par Jean-Marie Viatte, de 1970 à 2000, année où il prend sa retraite, à qui succède Jeanine Roussel (épouse Genevoix) de 2000 à 2008, année où l’entreprise dépose son bilan. En 1987, la société dépose son bilan et devient une simple division de Thécla. Sous-traitante de l’industrie automobile, l’usine ferme ses portes en 2008. L’entreprise a, plusieurs fois, changé de raison sociale: SDR en 1958, Rencast Delle, en 1987, DFI (Delle Fonderie Industrie), en 2001. Quant aux effectifs de la société ils ont varié d’une douzaine en 1970 à une soixantaine, les meilleures années.

– c’est Joseph-Victor Erhard (Masevaux 14 juillet 1812-1898) qui installe à Rougemont (1842), sur l’emplacement d’un ancien moulin, un tissage mécanique. En 1859, il achète au duc de Broglie son haut-fourneau de Masevaux qu’il transforme en filature de       12 000 broches. En 1871, la firme Ehrard possède des usines sur le sol français mais aussi sur le sol allemand. Très vite, l’usine de Rougemont s’agrandit, une grande partie de la main d’œuvre provenant de Masevaux. L’entreprise change plusieurs fois de raison sociale. Le 18 décembre 1925, François-Victor Erhard (né à Rougemont le 7 août 1883), le fils de Gaston-Antoine Erhard (Masevaux 26 juin 1842-5 novembre 1925 Rougemont) et de Marie-Thérèse-Charlotte Urbain (Moscou, Russie 8 octobre 1856-26 avril 1927 Rougemont) meurt[xix]. Etant célibataire, la gestion de la société des Filatures et Tissages Victor Erhard dont le siège social est à Masevaux, et qui a été constituée le 1er Juillet 1925, passe à la fille de Joseph-Victor Erhard et Charlotte-Cécile Maillard, Marie-Louise (née à Rougemont le 22 novembre 1890) et à ses descendants. Le 31 décembre 1925, les filatures Erhard de Masevaux ferment et le siège social de l’entreprise est transféré à Rougemont. En 1958 (26 septembre), les descendants de Joseph-Victor Erhard cèdent leurs actions de la société à Jean Vandame (Tissages de la Côte) et à Maxime Bauchet (Forge et Tréfilerie de Conflandey) mais Jean Vandame ne reste pas au capital de la société et cède ses actions à la famille Bauchet, en 1963. En 1967, la société qui était devenue la Société des Anciens Etablissements Victor Erhard change de raison sociale et devient la Manufacture de Rougemont et s’oriente vers la transformation des fils d’acier. Transformée en SARL, en 1975, la société devient FILIAC, en 1994. Depuis 2006, elle est la propriété de MM Halbout (Directeur général) et Eric Doyen de Trévillers (PDG) et, en 2014, elle a abandonné Rougemont pour s’installer dans les environs de Vesoul. 375 ouvriers mais avec une majorité d’ouvrières, en 1914.

– c’est aussi Joseph Winckler (Bollwiller, Haut-Rhin 11 mai 1827-15 septembre 1894 Rougemont), qui installe, en 1862, un tissage mécanique, sur la rive gauche de la Saint-Nicolas, usine qui occupe 115 ouvriers en 1870. En 1902, Emile, Oscar et Alfred Winckler[xx], ses fils, s’associent avec Camille Chappuis pour former une société en nom collectif, C. Chappuis et Winckler frères. La société est reprise par Carlos-Louis Dorget (Faucogney-et-la-Mer, Haute-Saône 27 novembre 1895-3 mars 1987 Anglet, Pyrénées-Atlantiques)[xxi] (Société Textile Dorget), un industriel du tissage qui contrôlait une usine à La Longine (Haute-Saône), en 1925, puis par les frères Roy (Roy frères), en 1932, le tissage cessant ses activités, en 1952. Les bâtiments sont repris, d’abord en partie, puis en totalité par la TEEN (Techniques Et Equipements Nouveaux), SARL spécialisée dans la fabrication de résistances blindées, puis par la MCB qui, depuis, a cessé toute activité. Aujourd’hui, les terrains ont été vendus à un promoteur qui y projette un lotissement. 138 hommes et 180 femmes en 1914. 200 ouvriers en 1952.

De 1913 à 1934, le village a été le terminus d’une ligne de chemin de fer à voie étroite exploitée par la Compagnie des Chemins de fer d’intérêt local du Territoire de Belfort. La ligne reliait Belfort à Menoncourt (Les Errues) où la ligne se séparait en 3, un embranchement allant à Lachapelle-sous-Rougemont, un embranchement à Etueffont et un embranchement à Rougemont. De cette liaison, le village qui conserve encore 2 témoins: la gare transformée récemment en restaurant et l’atelier d’entretien du matériel, longtemps occupé par la Cie des Sapeurs-Pompiers et qui aujourd’hui partagé entre un garagiste et un plombier.

 

Le village de Rougemont a connu les difficultés qu’ont pu connaître les campagnes françaises au cours des siècles (désordres climatiques de la fin du règne de Louis XIV, famines, épidémies) mais aussi des moments difficiles liés à sa situation dans une zone frontière, lors des raids menés dans le Sud de l’Alsace durant la Guerre de Cent ans (1337-1453) par Enguerrand VII de Coucy (1340-18 février 1397 Brousse, Turquie) qui tentait d’obtenir l’héritage autrichien de sa mère, Catherine de Habsbourg[xxii], et qui aboutirent à la destruction du château (1375), lors de la Guerre de Trente ans (1618-1648), période durant laquelle l’Alsace a perdu 50 % de sa population ou de la Guerre de Hollande (1672-1678), quand Turenne passe quelques jours à Fontaine, avec les hécatombes de la Première guerre mondiale où Rougemont perd 86 de ses fils, avec la grippe espagnole ….

Plus ponctuellement, le village a, à plusieurs reprises, traversé des épreuves difficiles:

– le 5 mai 1783, où un important incendie détruit une grande partie du village: 26 maisons, 20 granges et un grand nombre d’autres bâtiments. 

– le 2 novembre 1870, lors du combat du Champ des Fourches qui oppose des troupes prussiennes (les uhlans), à des volontaires de Rougemont et des alentours, peu entraînés. Rapidement le groupe des volontaires cherche à prendre la fuite dans la forêt mais il est rattrapé par les cavaliers allemands et 17 combattants sont tués dont 9 gardes nationaux de Rougemont qui fut bombardé. L’accrochage du Champ des Fourches est le premier combat du siège de Belfort. Fin octobre 1870, presque toute l’Alsace est tombée aux mains allemandes quand le général Udo von Tresckow (Jerichow bei Magdeburg, Saxe-Anhalt, RFA 7 avril 1808-20 janvier 1885 Stanshain, Thuringe, RFA) reçoit l’ordre d’investir la place de Belfort. Les 15 000 hommes de son armée sont divisés en 3 colonnes dont l’une qui longe le pied des Vosges rencontre les combattants français commandés par le lieutenant Géhin entre Masevaux et Rougemont où quelques maisons sont incendiées.

  

L’aventure industrielle de Rougemont est terminée et les facteurs qui avaient permis son développement et sa prospérité ont disparus. Le site n’a plus de valeur militaire, la machine à vapeur, d’abord, et l’électricité, ensuite, ont remplacé la force motrice de l’eau et la réunion de l’Alsace à la France, a fait perdre à Rougemont l’attrait de frontière que le village avait pu exercer pendant plus de 40 ans et Rougemont, qui avait compté 2 329 habitants en 1896, n’en comptait plus que 1 374 en 2006. Le village a perdu son statut de centre administratif, commercial et financier…    

A partir de son passé médiéval (château, chapelle Sainte-Catherine), de sa situation de village frontière (bornes), de ses friches industrielles (gare, usines), de son potentiel hôtelier (cafés, bars, salles de bal, Hôtel restaurant Bardin avec sa belle salle de banquets), de ses paysages et points de vue, le village aurait sans doute pu développer une activité touristique – un golf de 18 trous y a vu le jour il n’y a pas très longtemps, une vierge monumentale en fonte y a été érigée au lendemain de la guerre (1947) mais elle est aujourd’hui noyée dans la végétation et complètement invisible à ceux qui ne la connaissent pas – pourtant cette activité ne s’est pas développée. Faut-il s’en plaindre? Tant le tourisme qui peut être un enrichissement personnel véhicule aussi des aspects bien négatifs.

 

                                                                                         Jean de Zutter

 

[i] Collège, fondé par les jésuites en 1698, il deviendra Collège national en 1791 et Ecole Centrale à la suite de la loi du 7 Ventôse An III (ou 25 févier 1795). Lycée en 1856, il devient le Lycée Bartholdi, en 1919.

 

[ii] Emile Keller était le fils de Prosper Keller (Wissembourg, Bas-Rhin 6 décembre 1798-21 mars 1829 Belfort) et Rosalie Haas (Belfort 1805-12 janvier 1862 Paris) et le petit-fils de Georges-Joseph Keller (Landau, Rhénanie-Palatinat, Allemagne 17 décembre 1765-3 janvier 1809 Wissembourg), député du Bas-Rhin au Conseil des Cinq-Cents (11 avril 1797-26 décembre 1799) et Marie-Antoinette Schoff (1774-1865) du côté paternel et François-Joseph Haas, député du Haut-Rhin de 1824 à 1830 et de 1837 à sa mort, et de Marie-Catherine Beacker (Colmar 14 septembre 1787-23 févier 1815 Belfort), fille d’Ignace Beacker et Anne-Marie Germer, du côté maternel.

     De son mariage avec Mathilde Humann (Strasbourg, Bas-Rhin 18 mars 1833-11 févier 1908 Paris), fille de Louis-Joseph-Théodore Humann (Landau, Bavière rhénane 19 Prairial An XII ou 8 juin 1803-15 mai 1873 Paris), député du Bas-Rhin (1846-1848), Maire de Strasbourg (1864-1870), et Florentine Saglio (Strasbourg 15 Frimaire An XIV ou 6 décembre 1805-1884), épousée le 9 juin 1852 à Strasbourg (Bas-Rhin), Emile Keller va avoir 14 enfants: Marie (Strasbourg, Bas-Rhin 14 novembre 1853-22 novembre 1878 Rougemont), religieuse, Prosper (Strasbourg 15 novembre 1854-26 septembre 1931 Odratzheim, Bas-Rhin), Jean-Antoine (Paris 7 févier 1857-16 avril 1934 Velles, Indre), Cécile (Rougemont 13 juillet 1858-17 févier 1901 Levallois-Perret, Hauts-de-Seine), religieuse, Elisabeth (25 novembre 1859-31 mai 1916), Joseph (Rougemont 30 août 1861-6 décembre décembre 1866 Rougemont), Rosalie-Agnès (Rougemont 20 avril 1863-11 octobre 1944), Catherine (Rougemont 19 juillet 1864-31 juillet 1864 Rougemont), Pierre (6 mai 1867-19 avril 1952 Paris), Maire de Rougemont entre 1925 et 1935, Marie-Thérèse (Rougemont 1er octobre 1868-9 décembre 1945 Alger, Algérie), Dominique (Paris 11 novembre 1869-1951 Paris), François (Paris 6e 21 décembre1871-24 octobre 1914 Bar-le-Duc, Meuse), Marguerite-Marie (Rougemont-le-Château 27 juillet 1873-27 août 1899 Roanne, Loire) et Marie-Madeleine (Rougemont-le-Château 13 août 1875-12 mai 1929 Paray-le-Monial, Saône-et-Loire), religieuse.

 

[iii] En 1529, lors de la Diète d’Empire à Spire, l’accord de 1526 entre la Ligue catholique formée à Ratisbonne en juillet 1525 et l’Alliance luthérienne de Torguau créée en 1526, fut remis en cause par la majorité des participants (catholiques). Les membres du front luthérien qui s’opposèrent à cette attitude furent dès lors qualifiés de protestants. 

 

[iv] Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne (Sedan 11 septembre 1611-27 juillet 1675 Salsbach, Bade-Wurtemberg, RFA).

 

[v] Jules-Raymond Mazarin (Piscina, Royaume de Naples 14 juillet 1602-9 mars 1661 Vincennes).

 

[vi] Masevaux avait longtemps appartenu à la famille de Masevaux à laquelle succéda, à la mort de son dernier représentant, Christophe de Masevaux, les nobles de Bollwiller qui la transmirent aux Fugger, au début du XVIIe siècle. Durant la Guerre de 30 ans, la seigneurie de Masevaux échappa aux Fugger qui, en 1648, récupèrent leur seigneurie qu’ils vendent, en 1681, à Conrad de Rosen (Straupe, Livonie suédoise mais aujourd’hui Lettonie 29 septembre 1628-3 août 1715 Bollwiller, Haut-Rhin), un militaire suédois passé au service de Louis XIV (lieutenant-général, en 1688, et maréchal de France, en 1703). De son mariage avec Marie-Sophie de Rosen-Gross-Ropp (Bâle, Suisse août 1638-8 octobre 1686 Bollwiller, Haut-Rhin), naissent 7 enfants: Anne-Jeanne (12 janvier 1662-17 avril 1727) qui épouse Nicolas-Frédéric de Rothenberg (1646-20 avril 1716), Anne-Jeanne de Rosen et Nicolas-Frédéric de Rothenberg étant les parents de Conrad-Alexandre de Rothenberg, Reinhold-Charles (10 janvier 1666-13 juin 1744), Louise-Marguerithe (1670-), Jeanne-Renata (1671-), Georges-Christophe (-1693), Marie-Sophie (1673-1740) et Catherine-Magdeleine (1675-).

 

[vii] Sous l’Ancien Régime, étaient admises comme chanoinesses quasi exclusivement des demoiselles ou des veuves issues de la noblesse. Pour les chanoinesses, l’appartenance à un chapitre procurait, en plus d’une distinction honorifique, un bénéfice ecclésiastique. Hors du mariage, elles y trouvaient une situation socialement convenable et un revenu assuré. Pour les esprits chagrins du 18e siècle, ces situations n’étaient en fait qu’un moyen de détourner aux profits de la noblesse, les ressources de la Nation.

 

[viii] Conrad-Alexandre, Anne-Louise-Claire et Jeanne-Marie-Catherine de Rothenberg étaient les enfants de Nicolas-Frédéric de Rothenberg (1646-20 avril 1716 Masevaux) et de Anne-Jeanne de Rosen-Kleïnroop (12 janvier 1662-17 avril 1737), elle-même fille de Conrad de Rosen et de Marie-Sophie de Rosen-Gross-Ropp.

 

[ix] Anne-Armand de Rosen était le fils de Rheinhold-Charles de Rosen (10 janvier 1666-13 juin 1744) et de Marie-Béatrix-Octavie de Grammont (1673-8 octobre 1756), fille de Jean-Gabriel de Grammont et de Hélène-Aimée de Montaigu de Boutavant.

     Jeanne-Octavie de Vaudrey-Saint-Rémy était la fille de Nicolas-Joseph de Vaudrey-Saint-Rémi et de Jeanne-Marie-Catherine de Rothenberg, la petite-fille de Nicolas-Frédéric de Rothenberg et d’Anne-Jeanne de Rosen et l’arrière-petite-fille de Rheinhold-Charles  de Rosen et de Marie-Béatrix de Grammont.

 

[x] Eugène-Octave-Augustin de Rosen était marié à Marie-Antoinette-Louise-Esprit Jouvenel de Harville des Ursins (1745-1798), fille de Claude-Constant-Esprit Jouvenel de Harville des Ursins (1723-1794) et de Marie-Antoinette Goyon de Matignon (1725-1746).

 

[xi] René (1796-1862), Sophie (1802-1860), Victorine (1804-1880) et Elisabeth (1806-1847).

 

12 Député de la Noblesse des baillages de Colmar et Sélestat aux Etats Généraux (1er avril 1879-30 septembre 1791), Charles-Louis-Victor de Broglie fut le Président de l’Assemblée Constituante du 13 au 27 août 1791. Noble libéral, il soutint la réunion des députés de la Noblesse au Tiers Etat et fut – au moins dans les débuts de la Révolution – un réformateur convaincu. Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, il fut ensuite maréchal de camp à l’Armée du Rhin sous les ordres de Nicolas Luckner (1722-1794), un général d’origine bavaroise au service de la France. Il démissionne en 1792, refusant de reconnaître le décret sur la déchéance du roi. Arrêté puis remis en liberté, il refuse d’émigrer. Arrêté de nouveau, il est traduit devant le Tribunal Révolutionnaire, condamné à mort et exécuté dès le lendemain. De son mariage avec Sophie de Rosen, Victor de Broglie a eu 4 enfants:

  • Amélie-Antoinette-Victorine (1781-1868) qui épouse Charles-Théodose de Moges (1768-1836).
  • Constance-Louise-Sophie (1782-1866) qui devient l’épouse d’Augustin-Louis-Victor des Acres de l’Aigle (1766-1867).
  • Octavie-Gabrielle-Thérèse (1784-1862) qui s’unit à René-Louis-François de Menou (1776-1841).
  • Achille-Léonce-Charles-Victor (Paris 28 novembre 1785-25 janvier 1870 Paris), le seul garçon du couple. Nommé Pair de France à vie en 1814, il se démarque des autres pairs en refusant de condamner à mort le maréchal Ney et en se prononçant avec quelques autres pairs pour la déportation. En 1822, il prend position à la Chambre des Pairs pour l’abolition de l’esclavage et, en 1834, il devient Président de la Société Française pour l’abolition de l’esclavage. Nommé Ministre de l’Intérieur et des Travaux Publics par la Commission Municipale de Paris (31 juillet-1er août 1830), il n’entre dans le premier gouvernement de Louis-Philippe que le 11 août 1830 en qualité de Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes (Ministère Laffitte). Il est ensuite Ministre des Affaires Etrangères dans le cabinet Soult (11 octobre 1832-13 avril 1834) dont il démissionne, désavoué par la Chambre des Députés sur un traité avec les EUA visant à indemniser les américains des dommages qui leur avaient été causés durant la période napoléonienne. En 1835 (12 mars), Louis-Philippe appelle Victor de Broglie à la Présidence du Conseil dans un cabinet qui tombe sans raison vraiment valable, le 5 févier 1836, plus sur la personnalité de Victor de Broglie que sur sa politique, Victor de Broglie ne s’inquiétant pas suffisamment de plaire et se contentant d’avoir raison. Elu membre de l’Académie Française en 1855, il est également élu à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, en 1861, dans la section Philosophie. De son mariage avec Ida-Gustavine-Albertine de Staël-Holstein (Paris 8 juin 1797-22 septembre 1838 Coppet, canton de Vaud, Suisse), fille d’Eric-Magnus de Staël-Holstein (Loddy, Ostrogothie, Suède 25 octobre 1749-9 mai 1802 Poligny, Jura) et de Anne-Louise-Germaine Necker (Paris 22 avril 1766-14 juillet 1817 Paris) mais qui est sans doute plus probablement la fille de Benjamin Constant de Rebecque (Lausanne, Canton de Vaud, Suisse 25 octobre 1767-8 décembre 1830 Paris), Victor de Broglie a eu 4 enfants: 2 filles: Pauline (Paris 1er mai 1817-12 décembre 1831 Paris), Louise-Albertine (Coppet, canton de Vaud, Suisse 25 mai 1818-21 mai 1882 Paris) qui épousera Joseph-Othenin-Bernard de Cléron d’Haussonville (Paris 27 mai 1809-28 mai 1888 Paris) et 2 garçons: Jacques-Victor-Albert (Paris 10e 13 juin 1821-19 janvier 1901 Paris 7e) et Auguste-Théodore-Paul (Auteuil, Seine 18 juin 1834-11 mai 1895 Paris), qui entre dans les ordres.

   Jacques-Victor-Albert de Broglie qui épouse, Joséphine-Eléonore-Marie-Pauline de Galard de Brassac de Béarn (Paris 25 juin 1825-28 novembre 1860 Cannes, Alpes-Maritimes) est d’abord secrétaire d’ambassade à Madrid et à Rome sous le règne de Louis-Philippe. En 1848, il quitte son poste et s’abstient de toute activité politique sous le Second Empire. En 1852, il entre au Conseil d’Administration de Saint-Gobain dont il est le Président de 1866 à sa mort, en 1901. Député de l’Eure en 1871, il est nommé ambassadeur à Londres. Chef du gouvernement en 18731874, puis en 1877, il s’efforce vainement de préserver les droits dynastiques des Orléans. Président du Conseil pendant la crise du 16 Mai 1877, il fait les frais du  » Manifeste des 363 « , une déclaration adressée le 18 mai 1877 par les députés républicains au président de la RépubliquePatrice de Mac Mahon, pour lui exprimer leur opposition à la politique qu’il mène et à l’instauration du monarchiste duc de Broglie à la présidence du Conseil, alors même que la majorité de la Chambre est républicaine. Jacques-Victor-Albert de Broglie défend une conception aristocratique du bicaméralisme. Il est sénateur de l’Eure de 1876 à 1885. En 1862, il est élu à l’Académie française et, en 1895, à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, dans la Section Histoire et Géographie. Albert de Broglie et Pauline Galard de Brassac de Béarn ont eu 5 enfants (5 garçons): Louis-Amédée-Victor de Broglie (Rome, Italie 30 octobre 1846-26 août 1906 Broglie, Eure), Maurice de Broglie (Rome 19 févier 1848-22 octobre 1862 Broglie), Henri Amédée de Broglie (Paris 8 févier 1849-5 novembre 1917 Paris), qui épousa Marie-Charlotte-Constance Say (Verrières-le-Buisson, Essonne 25 août 1857-15 juillet 1943 Paris), François-Marie-Albert de Broglie (Paris 16 décembre 1851–4 avril 1939 Paris) qui épouse Jeanne-Emeline Cabot de Dommartin (Paris 21 juillet 1886-20 octobre 1901 Paris) et César-Paul-Emmanuel de Broglie (Paris 22 avril 1854 –2 juillet 1926 Lamorlay, Oise), historien.

Louis-Amédée-Victor de Broglie épouse Pauline-Marie-Claude de la Forest d’Arnaillé (Paris 1er 22 décembre 1851-26 juin 1928 Paris 8e). Député de la Mayenne, de 1893 à sa mort en 1906. Père de 5 enfants: 3 garçons: Louis-Victor-César-Maurice (Paris 27 avril 1875-14 juillet 1960 Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine), Philippe (1884-1890) et Louis-Victor (Dieppe, Seine-Maritime 15 août 1892-19 mars 1987 Louveciennes, Yvelines) et 2 filles: Pauline-Marie-Laure (Paris 5 Févier 1888-29 Févier 1972 Paris), femme de lettres, qui épouse Jean-Marie-Clément-Thomas de Pange (Paris 8 avril 1881-20 juillet 1957 Paris) et Albertine-Charlotte-Pauline (Paris 4 Décembre1872-24 mai 1946 Paris) qui épouse Pierre-François-Louis de Luppé (Blaye, Gironde 26 octobre 1866-7 févier 1934 Paris).

Maurice-Victor-Louis-César de Broglie, époux de Marie-Camille-Françoise-Charlotte Bernou de la Rochetaillée (Paris 20 novembre 1883-16 juin 1966 Nice, Alpes-Maritimes): Docteur es sciences, il est élu à l’Académie des Sciences en 1924 et à l’Académie Française, en 1934. Officier de Marine et physicien, il est surtout connu – et reconnu – pour ses travaux sur les rayons X. Il meurt sans descendance, sa fille unique, Laure-Marie-Victoria (Paris 17 novembre 1904-12 juin 1911 Paris) étant morte très jeune.

Louis-Victor de Broglie: après une licence d’Histoire, il se tourne vers les sciences et devient mathématicien et physicien. En 1929, il obtient le Prix Nobel de Physique pour sa découverte de la nature ondulatoire des électrons. En 1938, il est lauréat de la médaille Max Planck pour ses travaux en physique théorique. Elu à l’Académie Française en 1944, il meurt sans enfant.  

Le titre passe alors à son cousin, Victor-François-Marie-Léon-Amédée de Broglie (Paris 8e 25 mars 1949-12 févier 2012 Broglie, Eure), le fils de Jean de Broglie (Paris 21 juin 1921-24 décembre1976 Broglie, Eure), qui meurt assassiné sans que l’on connaisse le nom de son assassin. Jean de Broglie était un homme politique, député de l’Eure (élu en 1958 et réélu en 1962, 1967, 1968, et 1973), Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique (15 avril 1962-28 novembre 1962), Secrétaire d’Etat aux Affaires algériennes (6 décembre1962-8 janvier 1966), Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères (8 janvier 1966-6 avril 1967). Jean de Broglie était le fils d’Amédée de Broglie (Paris 6 mars 1891-12 juillet 1957 Paris) et de Béatrix de Faucigny-Lucinge (Paris 3 octobre 1902-2 août 1990 Paris), Amédée de Broglie était le 4e enfant de François de Broglie et de Jeanne-Emélie Cabot de Dommartin. Son frère ainé, Jean-Amédée-Marie-Anatole n’ayant eu que des filles (Ermeline-Isabelle-Edmée-Séverine Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine 16 févier 1911-10 septembre 1986 Onez, CH, Isabelle-Marguerite-Jeanne-Pauline Lamorlay, Oise 27 juillet 1912-18 juin 1960 Genève, Vaud, CH et Jacqueline-Marguerite Paris 5 janvier 1918-26 févier 1965 Crans-Montana, Valais, CH), et ses 2 autres frères ne s’étant pas mariés, c’est lui et sa branche familiale qui héritent des titres de la famille (mais tous les titres ne relèvent sans doute pas du même droit nobiliaire et des mêmes règles de succession).

Victor-François-Marie-Léon-Amédée de Broglie a eu un enfant naturel, Nicolas Triboulet, qu’il a été obligé de reconnaître par décision judiciaire et qui a été autorisé à porter le nom de « de Broglie » par le Tribunal administratif. Depuis 1972, l’Etat a établi l’égalité des droits et des devoirs entre enfants naturels et enfants légitimes pourtant, si Nicolas ex Tirouflet et maintenant de Broglie hérite de tout ce qui appartenait à son père, il semble qu’il ne puisse acquérir ses titres, le droit nobiliaire stipulant que les titres se transmettent sous le seul respect des règles qui ont présidé à leur érection! 

Philippe-Maurice de Broglie: né à Paris le 28 septembre 1960. Homme d’affaires, il est le frère de Victor-François-Marie-Léon-Amédée de Broglie. Toujours célibataire, il a pour héritier présomptif son frère puiné, Louis-Albert de Broglie, né à Paris 8e, le 15 mars 1963.

 

[xiii] Le château de Rougemont a été construit au 13e siècle Or la tour, ronde, est bâtie sur une base – vestige d’une construction antérieure – carrée.

 

[xiv] Une colonge était une forme de métayage héritée du droit alémanique. Des portions de terre étaient attribuées à des colons qui y construisaient leur habitation. L’ensemble des colongers était dirigé par un colonger particulier, un maire désigné par le seigneur.

 

[xv] Pierre Keller (Paris 6e  8 mai 1867-19 avril 1952 Paris) était le fils d’Emile Keller. Le 22 septembre 1891, il avait épousé, à Saint-Dizier (Haute-Marne), Marie-Emélie-Camille Simon (Saint-Dizier 23 févier 1871-25 janvier 1950 Rougemont-le-Château), fille de Claude-Stanislas Simon (Badonvilliers-Gérauvilliers, Meuse 15 décembre 1828-24 novembre 1906 Saint-Dizier), maître de forge, et Marie-Angélique Laguerre (Saint-Dizier 3 décembre 1841-), avec qui il a eu 8 enfants: Monique (24 févier 1893-14 mars 1893), Stanislas (Saint-Dizier 1894-14 décembre 1894 Rougemont-le-Château), Joseph (Nancy, Meurthe-et-Moselle 2 mars 1896-19 mars 1916 Soultzeren, Haut-Rhin), sous-lieutenant de Chasseurs alpins, Mort pour la France, Marguerite-Marie (Rougemont-le-Château 3 novembre 1897-29 août 1992 Parleboscq, Landes), Denis (Rougemont-le-Château 8 août 1899-12 août 1899 Rougemont-le-Château), Adrienne (Rougemont-le-Château 10 octobre 1901-22 févier 1938 Sierre, Valais, Suisse), Etienne (Rougemont-le-Château 4 févier 1905-29 janvier 1999 Rougemont-le-Château) et Michel (Paris 7 févier 1907-18 décembre 1951 Pau, Pyrénées-Atlantiques). Pierre Keller avait été président des Forges d’Audincourt, de la Société minière de Meurthe-et-Moselle et de la Cie générale du basalte et administrateur de Denain-Anzin.

     A partir de 1896, Pierre Keller participe à la vie électorale de Rougemont en se présentant aux élections municipales sur une liste emmenée par le Maire sortant, Gaston Erhard. Elu, il est également réélu en 1900 et 1904. Battu en 1908, Pierre Keller fait son retour au Conseil municipal en 1919 et devient Maire (1925-1935). Réélu au Conseil en 1935, il cède néanmoins le fauteuil de Maire à Auguste Perrot. Pierre Keller fait partie du Conseil municipal reconstitué par arrêté préfectoral en 1945 mais renonce à se présenter au 2e tour des élections d’août 1945.

     Michel Keller, fils de Pierre Keller, avait épousé Alice Denis de Rivoyre (Cherbourg, Manche 14 janvier 1914-2 mai 2004), fille de Camille-Marie-Louis-Claude Denis de Rivoyre (Vernon, Eure 26 décembre 1886-6 juillet 1964 Cère, Landes), contre-amiral et Commandeur de la Légion d’Honneur, et Marguerite de Poyferré de Cère (New-York, EUA-), le 15 août 1934 à Paris. Alice Denis de Rivoyre était la cousine de Christine-Berthe-Claude Denis de Rivoire (Tarbes, Hautes-Pyrrénées,  29 novembre 1921-3 janvier 1919 Paris 15e), journaliste et écrivaine (La Mandarine, 1957, Le Petit matin, Prix Interallié, 1968), fille de François Denis de Rivoyre (Vernon, Eure 1er mai 1884-29 décembre1946 Onesse-et-Laharie, Landes) et Madeleine Ballande (Bordeaux, Gironde 25 févier 1894-25 mai 1969 Odesse-et-Laharie, Landes) et frère de Claude Denis de Rivoyre.          

    Michel Keller décédé, Alice Denis de Rivoyre a épousé, en 1986, Jean Boucher de Crèvecoeur (Pont-à-Mousson, Meurthe-et-Moselle 17 décembre 1906-8 juillet 1987), général de division, Grand-Officier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des Territoires d’Opérations Extérieures, fils d’Etienne Boucher de Crèvecoeur (1870-1934) et Jeanne Ladret de Lacharrière (1879-1956) et veuf de Pierre-Danielle-Marie-Adine-Edmonde-Micheline de Rivière de la Mure (Château-Neuf-du-Rhône, Drôme 24 juillet 1910-7 août 1982 Pierrefitte-sur-Seine), fille de Guy Rivière de la Mure (Paris 16 juin 1879-13 juin 1957 Château-Neuf-du-Rhône, Drôme) et Simone Coustant d’Yanville (Paris 12 juillet 1887-8 août 1963 Château-Neuf-du-Rhône, Drôme). 

     Michel Keller et Alice Denis de Rivoyre ont eu 3 enfants dont Jean-Pierre Keller (6 août 1935-), qui a épousé Marie-Elisabeth Jean-Gérardot (2 févier 1942-), fille d’Etienne Jean et Marguerite Gérardot, qui deviendra Conseillère municipale de Rougemont entre 1989 et 1995. Jean-Pierre Keller est gérant de plusieurs sociétés intervenant dans les domaines de l’exploitation forestière, de la sylviculture et dans le commerce.  

 

[xvi] Charles-Edouard Schmerber, né le 2 Juillet 1825 à Mulhouse (Ht-Rhin) était le fils de Jean Schmerber (Mulhouse 24 août 1793-30 janvier 1871 Mulhouse), négociant en fer à Mulhouse, et Judith Schlumberger (Mulhouse 5 Ventôse An 13 ou 24 févier 1805-9 mai 1868 Mulhouse) et avait épousé Elise Girard, fille de Louis-Salomon Girard et Henriette-Marie Margot, née en 1831 à Sainte-Croix (canton de Vaux, Suisse), en 1850.

 

[xvii] Pierre-Marie-Joseph et Joseph-Jean-Marie Kern étaient les fils d’Emile Kern (Wattwiller, Haut-Rhin 14 juin 1862-), directeur d’usine, et Françoise-Jeanne-Hortense (Fanny) Bornèque (Giromagny 24 juillet 1862-8 août 1969 Besançon, Doubs). Pierre (Giromagny 26 août 1891-8 août 1969 Besançon, Doubs), marié 2 fois, a épousé Germaine-Mathilde-Thérèse Zeller (Nancy, Meurthe-et-Moselle 15 octobre 1894-), le 18 août 1919, à Nancy et Louise-Marie-Anne Percher, le 30 décembre 1959, à Besançon (Doubs), Joseph (Giromagny 8 févier 1893-24 décembre 1963 Belfort) ayant épousé Marcelle X (Marseille, Bouches-du-Rhône 1896-).  

 

[xviii] Parmi les actionnaires figurent, outre les membres de la famille, des industriels de la proche région : Ernest Boigeol (de Giromagny), Gaston Zeller, Charles-Louis Dorget et Victor Ehrard, industriels à Rougemont, tous membres du Conseil d’administration. Il s’y adjoindra, Roger Zeller, industriel à Etueffont, Gendre, de Masevaux, et des banquiers, lors de l’augmentation du capital porté à 600 000 F en septembre 1944.

 

[xix] Gaston-Antoine Erhard avait épousé Marie-Thérèse-Charlotte Urbain, fille de François-Pierre Urbain (Moscou, Russie v 1825-7 Mars 1876 Nice, Alpes-Maritimes) et Louise-Charlotte Paris (Moscou, Russie 28 Septembre 1856-), le 8 Septembre 1880 à Avenay (Marne).

 

[xx] Joseph-Emile Winckler (Rougemont 4 septembre 1859-24 octobre 1930 Paris), Antoine-Charles-Alfred Winckler (Rougemont 24 mai 1862-) et François-Jules-Joseph-Oscar (Rougemont 29 juillet 1866-1940) étaient les enfants de Joseph Winckler, fils d’Antoine Winckler et Marie-Anne Muller et Rosalie-Justine Hug (Aspach-le-Bas, Haut-Rhin v 1839-6 août 1909 Rougemont-le-Château).

     Joseph-Emile Winckler avait épousé Marcelle Forster (Masevaux, Ht-Rhin 30 mars 1874-13 mars 1964 Nancy, Meurthe-et Moselle), fille de Georges-Adam-Emile Forster (Oberbruck, Ht-Rhin 23 avril 1840-), médecin à Masevaux, et Joséphine-Jeanne-Alexandrine Lardier (Masevaux 19 Mars 1852-) et François-Jules-Joseph-Oscar Winckler, Léonie-Hélène André (Masevaux 30 décembre 1870-26 décembre1944 Paris), fille d’Emile-Innocent André (Masevaux 28 décembre 1834-), fabricant de tissus, et Marie Priquet (Héricourt, Hte-Saône 1846-27 novembre 1939 Le Val-d’Ajol, Vosges).

 

[xxi] Fils de Jules-Fernand-Carlos Dorget (Faucogney-et-la-Mer, Hte-Saône 26 octobre 1865-31 mai 1934 La Longine, Hte-Saône) et Louise-Agathe Tuaillon (Faucogney-et-la-Mer 12 mars 1862-11 octobre 1898 La Longine, Hte-Saône), Carlos-Louis Dorget avait épousé Claire-Marie-Emélie Walter (Granges-sur-Vologne, Vosges 2 mai 1900-11 août 1981 Remiremont, Vosges), fille de Didier-Marie-Emile Walter (Granges-sur-Vologne, Vosges 16 septembre 1868-15 avril 1954 Granges-sur-Vologne), industriel, et Marie-Claire-Emélie Didiergeorge (Bruyères, Vosges 5 octobre 1873-11 mars 1962 Granges-sur-Vologne), le 6 févier 1920 à Granges-sur-Vologne.

 

[xxii] Catherine de Habsbourg (Vienne, Autriche 9 févier 1320-29 septembre 1349 Vienne), était la fille de l’empereur Léopold Ier d’Autriche (Vienne 4 août 1290-28 févier 1326 Strasbourg, Alsace) et de Catherine de Savoie (vers 12096-vers 1336).

 

[1] Collège, fondé par les jésuites en 1698, il deviendra Collège national en 1791 et Ecole Centrale à la suite de la loi du 7 Ventôse An III (ou 25 févier 1795). Lycée en 1856, il devient le Lycée Bartholdi, en 1919.

 

[1] Emile Keller était le fils de Prosper Keller (Wissembourg, Bas-Rhin 6 décembre 1798-21 mars 1829 Belfort) et Rosalie Haas (Belfort 1805-12 janvier 1862 Paris) et le petit-fils de Georges-Joseph Keller (Landau, Rhénanie-Palatinat, Allemagne 17 décembre 1765-3 janvier 1809 Wissembourg), député du Bas-Rhin au Conseil des Cinq-Cents (11 avril 1797-26 décembre 1799) et Marie-Antoinette Schoff (1774-1865) du côté paternel et François-Joseph Haas, député du Haut-Rhin de 1824 à 1830 et de 1837 à sa mort, et de Marie-Catherine Beacker (Colmar 14 septembre 1787-23 févier 1815 Belfort), fille d’Ignace Beacker et Anne-Marie Germer, du côté maternel.

     De son mariage avec Mathilde Humann (Strasbourg, Bas-Rhin 18 mars 1833-11 févier 1908 Paris), fille de Louis-Joseph-Théodore Humann (Landau, Bavière rhénane 19 Prairial An XII ou 8 juin 1803-15 mai 1873 Paris), député du Bas-Rhin (1846-1848), Maire de Strasbourg (1864-1870), et Florentine Saglio (Strasbourg 15 Frimaire An XIV ou 6 décembre 1805-1884), épousée le 9 juin 1852 à Strasbourg (Bas-Rhin), Emile Keller va avoir 14 enfants: Marie (Strasbourg, Bas-Rhin 14 novembre 1853-22 novembre 1878 Rougemont), religieuse, Prosper (Strasbourg 15 novembre 1854-26 septembre 1931 Odratzheim, Bas-Rhin), Jean-Antoine (Paris 7 févier 1857-16 avril 1934 Velles, Indre), Cécile (Rougemont 13 juillet 1858-17 févier 1901 Levallois-Perret, Hauts-de-Seine), religieuse, Elisabeth (25 novembre 1859-31 mai 1916), Joseph (Rougemont 30 août 1861-6 décembre décembre 1866 Rougemont), Rosalie-Agnès (Rougemont 20 avril 1863-11 octobre 1944), Catherine (Rougemont 19 juillet 1864-31 juillet 1864 Rougemont), Pierre (6 mai 1867-19 avril 1952 Paris), Maire de Rougemont entre 1925 et 1935, Marie-Thérèse (Rougemont 1er octobre 1868-9 décembre 1945 Alger, Algérie), Dominique (Paris 11 novembre 1869-1951 Paris), François (Paris 6e 21 décembre1871-24 octobre 1914 Bar-le-Duc, Meuse), Marguerite-Marie (Rougemont-le-Château 27 juillet 1873-27 août 1899 Roanne, Loire) et Marie-Madeleine (Rougemont-le-Château 13 août 1875-12 mai 1929 Paray-le-Monial, Saône-et-Loire), religieuse.

 

[1] En 1529, lors de la Diète d’Empire à Spire, l’accord de 1526 entre la Ligue catholique formée à Ratisbonne en juillet 1525 et l’Alliance luthérienne de Torguau créée en 1526, fut remis en cause par la majorité des participants (catholiques). Les membres du front luthérien qui s’opposèrent à cette attitude furent dès lors qualifiés de protestants. 

 

[1] Henri de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne (Sedan 11 septembre 1611-27 juillet 1675 Salsbach, Bade-Wurtemberg, RFA).

 

[1] Jules-Raymond Mazarin (Piscina, Royaume de Naples 14 juillet 1602-9 mars 1661 Vincennes).

 

[1] Masevaux avait longtemps appartenu à la famille de Masevaux à laquelle succéda, à la mort de son dernier représentant, Christophe de Masevaux, les nobles de Bollwiller qui la transmirent aux Fugger, au début du XVIIe siècle. Durant la Guerre de 30 ans, la seigneurie de Masevaux échappa aux Fugger qui, en 1648, récupèrent leur seigneurie qu’ils vendent, en 1681, à Conrad de Rosen (Straupe, Livonie suédoise mais aujourd’hui Lettonie 29 septembre 1628-3 août 1715 Bollwiller, Haut-Rhin), un militaire suédois passé au service de Louis XIV (lieutenant-général, en 1688, et maréchal de France, en 1703). De son mariage avec Marie-Sophie de Rosen-Gross-Ropp (Bâle, Suisse août 1638-8 octobre 1686 Bollwiller, Haut-Rhin), naissent 7 enfants: Anne-Jeanne (12 janvier 1662-17 avril 1727) qui épouse Nicolas-Frédéric de Rothenberg (1646-20 avril 1716), Anne-Jeanne de Rosen et Nicolas-Frédéric de Rothenberg étant les parents de Conrad-Alexandre de Rothenberg, Reinhold-Charles (10 janvier 1666-13 juin 1744), Louise-Marguerithe (1670-), Jeanne-Renata (1671-), Georges-Christophe (-1693), Marie-Sophie (1673-1740) et Catherine-Magdeleine (1675-).

 

[1] Sous l’Ancien Régime, étaient admises comme chanoinesses quasi exclusivement des demoiselles ou des veuves issues de la noblesse. Pour les chanoinesses, l’appartenance à un chapitre procurait, en plus d’une distinction honorifique, un bénéfice ecclésiastique. Hors du mariage, elles y trouvaient une situation socialement convenable et un revenu assuré. Pour les esprits chagrins du 18e siècle, ces situations n’étaient en fait qu’un moyen de détourner aux profits de la noblesse, les ressources de la Nation.

 

[1] Conrad-Alexandre, Anne-Louise-Claire et Jeanne-Marie-Catherine de Rothenberg étaient les enfants de Nicolas-Frédéric de Rothenberg (1646-20 avril 1716 Masevaux) et de Anne-Jeanne de Rosen-Kleïnroop (12 janvier 1662-17 avril 1737), elle-même fille de Conrad de Rosen et de Marie-Sophie de Rosen-Gross-Ropp.

 

[1] Anne-Armand de Rosen était le fils de Rheinhold-Charles de Rosen (10 janvier 1666-13 juin 1744) et de Marie-Béatrix-Octavie de Grammont (1673-8 octobre 1756), fille de Jean-Gabriel de Grammont et de Hélène-Aimée de Montaigu de Boutavant.

     Jeanne-Octavie de Vaudrey-Saint-Rémy était la fille de Nicolas-Joseph de Vaudrey-Saint-Rémi et de Jeanne-Marie-Catherine de Rothenberg, la petite-fille de Nicolas-Frédéric de Rothenberg et d’Anne-Jeanne de Rosen et l’arrière-petite-fille de Rheinhold-Charles  de Rosen et de Marie-Béatrix de Grammont.

 

[1] Eugène-Octave-Augustin de Rosen était marié à Marie-Antoinette-Louise-Esprit Jouvenel de Harville des Ursins (1745-1798), fille de Claude-Constant-Esprit Jouvenel de Harville des Ursins (1723-1794) et de Marie-Antoinette Goyon de Matignon (1725-1746).

 

[1] René (1796-1862), Sophie (1802-1860), Victorine (1804-1880) et Elisabeth (1806-1847).

 

12 Député de la Noblesse des baillages de Colmar et Sélestat aux Etats Généraux (1er avril 1879-30 septembre 1791), Charles-Louis-Victor de Broglie fut le Président de l’Assemblée Constituante du 13 au 27 août 1791. Noble libéral, il soutint la réunion des députés de la Noblesse au Tiers Etat et fut – au moins dans les débuts de la Révolution – un réformateur convaincu. Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, il fut ensuite maréchal de camp à l’Armée du Rhin sous les ordres de Nicolas Luckner (1722-1794), un général d’origine bavaroise au service de la France. Il démissionne en 1792, refusant de reconnaître le décret sur la déchéance du roi. Arrêté puis remis en liberté, il refuse d’émigrer. Arrêté de nouveau, il est traduit devant le Tribunal Révolutionnaire, condamné à mort et exécuté dès le lendemain. De son mariage avec Sophie de Rosen, Victor de Broglie a eu 4 enfants:

  • Amélie-Antoinette-Victorine (1781-1868) qui épouse Charles-Théodose de Moges (1768-1836).
  • Constance-Louise-Sophie (1782-1866) qui devient l’épouse d’Augustin-Louis-Victor des Acres de l’Aigle (1766-1867).
  • Octavie-Gabrielle-Thérèse (1784-1862) qui s’unit à René-Louis-François de Menou (1776-1841).
  • Achille-Léonce-Charles-Victor (Paris 28 novembre 1785-25 janvier 1870 Paris), le seul garçon du couple. Nommé Pair de France à vie en 1814, il se démarque des autres pairs en refusant de condamner à mort le maréchal Ney et en se prononçant avec quelques autres pairs pour la déportation. En 1822, il prend position à la Chambre des Pairs pour l’abolition de l’esclavage et, en 1834, il devient Président de la Société Française pour l’abolition de l’esclavage. Nommé Ministre de l’Intérieur et des Travaux Publics par la Commission Municipale de Paris (31 juillet-1er août 1830), il n’entre dans le premier gouvernement de Louis-Philippe que le 11 août 1830 en qualité de Ministre de l’Instruction Publique et des Cultes (Ministère Laffitte). Il est ensuite Ministre des Affaires Etrangères dans le cabinet Soult (11 octobre 1832-13 avril 1834) dont il démissionne, désavoué par la Chambre des Députés sur un traité avec les EUA visant à indemniser les américains des dommages qui leur avaient été causés durant la période napoléonienne. En 1835 (12 mars), Louis-Philippe appelle Victor de Broglie à la Présidence du Conseil dans un cabinet qui tombe sans raison vraiment valable, le 5 févier 1836, plus sur la personnalité de Victor de Broglie que sur sa politique, Victor de Broglie ne s’inquiétant pas suffisamment de plaire et se contentant d’avoir raison. Elu membre de l’Académie Française en 1855, il est également élu à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, en 1861, dans la section Philosophie. De son mariage avec Ida-Gustavine-Albertine de Staël-Holstein (Paris 8 juin 1797-22 septembre 1838 Coppet, canton de Vaud, Suisse), fille d’Eric-Magnus de Staël-Holstein (Loddy, Ostrogothie, Suède 25 octobre 1749-9 mai 1802 Poligny, Jura) et de Anne-Louise-Germaine Necker (Paris 22 avril 1766-14 juillet 1817 Paris) mais qui est sans doute plus probablement la fille de Benjamin Constant de Rebecque (Lausanne, Canton de Vaud, Suisse 25 octobre 1767-8 décembre 1830 Paris), Victor de Broglie a eu 4 enfants: 2 filles: Pauline (Paris 1er mai 1817-12 décembre 1831 Paris), Louise-Albertine (Coppet, canton de Vaud, Suisse 25 mai 1818-21 mai 1882 Paris) qui épousera Joseph-Othenin-Bernard de Cléron d’Haussonville (Paris 27 mai 1809-28 mai 1888 Paris) et 2 garçons: Jacques-Victor-Albert (Paris 10e 13 juin 1821-19 janvier 1901 Paris 7e) et Auguste-Théodore-Paul (Auteuil, Seine 18 juin 1834-11 mai 1895 Paris), qui entre dans les ordres.

   Jacques-Victor-Albert de Broglie qui épouse, Joséphine-Eléonore-Marie-Pauline de Galard de Brassac de Béarn (Paris 25 juin 1825-28 novembre 1860 Cannes, Alpes-Maritimes) est d’abord secrétaire d’ambassade à Madrid et à Rome sous le règne de Louis-Philippe. En 1848, il quitte son poste et s’abstient de toute activité politique sous le Second Empire. En 1852, il entre au Conseil d’Administration de Saint-Gobain dont il est le Président de 1866 à sa mort, en 1901. Député de l’Eure en 1871, il est nommé ambassadeur à Londres. Chef du gouvernement en 18731874, puis en 1877, il s’efforce vainement de préserver les droits dynastiques des Orléans. Président du Conseil pendant la crise du 16 Mai 1877, il fait les frais du  » Manifeste des 363 « , une déclaration adressée le 18 mai 1877 par les députés républicains au président de la RépubliquePatrice de Mac Mahon, pour lui exprimer leur opposition à la politique qu’il mène et à l’instauration du monarchiste duc de Broglie à la présidence du Conseil, alors même que la majorité de la Chambre est républicaine. Jacques-Victor-Albert de Broglie défend une conception aristocratique du bicaméralisme. Il est sénateur de l’Eure de 1876 à 1885. En 1862, il est élu à l’Académie française et, en 1895, à l’Académie des Sciences Morales et Politiques, dans la Section Histoire et Géographie. Albert de Broglie et Pauline Galard de Brassac de Béarn ont eu 5 enfants (5 garçons): Louis-Amédée-Victor de Broglie (Rome, Italie 30 octobre 1846-26 août 1906 Broglie, Eure), Maurice de Broglie (Rome 19 févier 1848-22 octobre 1862 Broglie), Henri Amédée de Broglie (Paris 8 févier 1849-5 novembre 1917 Paris), qui épousa Marie-Charlotte-Constance Say (Verrières-le-Buisson, Essonne 25 août 1857-15 juillet 1943 Paris), François-Marie-Albert de Broglie (Paris 16 décembre 1851–4 avril 1939 Paris) qui épouse Jeanne-Emeline Cabot de Dommartin (Paris 21 juillet 1886-20 octobre 1901 Paris) et César-Paul-Emmanuel de Broglie (Paris 22 avril 1854 –2 juillet 1926 Lamorlay, Oise), historien.

Louis-Amédée-Victor de Broglie épouse Pauline-Marie-Claude de la Forest d’Arnaillé (Paris 1er 22 décembre 1851-26 juin 1928 Paris 8e). Député de la Mayenne, de 1893 à sa mort en 1906. Père de 5 enfants: 3 garçons: Louis-Victor-César-Maurice (Paris 27 avril 1875-14 juillet 1960 Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine), Philippe (1884-1890) et Louis-Victor (Dieppe, Seine-Maritime 15 août 1892-19 mars 1987 Louveciennes, Yvelines) et 2 filles: Pauline-Marie-Laure (Paris 5 Févier 1888-29 Févier 1972 Paris), femme de lettres, qui épouse Jean-Marie-Clément-Thomas de Pange (Paris 8 avril 1881-20 juillet 1957 Paris) et Albertine-Charlotte-Pauline (Paris 4 Décembre1872-24 mai 1946 Paris) qui épouse Pierre-François-Louis de Luppé (Blaye, Gironde 26 octobre 1866-7 févier 1934 Paris).

Maurice-Victor-Louis-César de Broglie, époux de Marie-Camille-Françoise-Charlotte Bernou de la Rochetaillée (Paris 20 novembre 1883-16 juin 1966 Nice, Alpes-Maritimes): Docteur es sciences, il est élu à l’Académie des Sciences en 1924 et à l’Académie Française, en 1934. Officier de Marine et physicien, il est surtout connu – et reconnu – pour ses travaux sur les rayons X. Il meurt sans descendance, sa fille unique, Laure-Marie-Victoria (Paris 17 novembre 1904-12 juin 1911 Paris) étant morte très jeune.

Louis-Victor de Broglie: après une licence d’Histoire, il se tourne vers les sciences et devient mathématicien et physicien. En 1929, il obtient le Prix Nobel de Physique pour sa découverte de la nature ondulatoire des électrons. En 1938, il est lauréat de la médaille Max Planck pour ses travaux en physique théorique. Elu à l’Académie Française en 1944, il meurt sans enfant.  

Le titre passe alors à son cousin, Victor-François-Marie-Léon-Amédée de Broglie (Paris 8e 25 mars 1949-12 févier 2012 Broglie, Eure), le fils de Jean de Broglie (Paris 21 juin 1921-24 décembre1976 Broglie, Eure), qui meurt assassiné sans que l’on connaisse le nom de son assassin. Jean de Broglie était un homme politique, député de l’Eure (élu en 1958 et réélu en 1962, 1967, 1968, et 1973), Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique (15 avril 1962-28 novembre 1962), Secrétaire d’Etat aux Affaires algériennes (6 décembre1962-8 janvier 1966), Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères (8 janvier 1966-6 avril 1967). Jean de Broglie était le fils d’Amédée de Broglie (Paris 6 mars 1891-12 juillet 1957 Paris) et de Béatrix de Faucigny-Lucinge (Paris 3 octobre 1902-2 août 1990 Paris), Amédée de Broglie était le 4e enfant de François de Broglie et de Jeanne-Emélie Cabot de Dommartin. Son frère ainé, Jean-Amédée-Marie-Anatole n’ayant eu que des filles (Ermeline-Isabelle-Edmée-Séverine Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine 16 févier 1911-10 septembre 1986 Onez, CH, Isabelle-Marguerite-Jeanne-Pauline Lamorlay, Oise 27 juillet 1912-18 juin 1960 Genève, Vaud, CH et Jacqueline-Marguerite Paris 5 janvier 1918-26 févier 1965 Crans-Montana, Valais, CH), et ses 2 autres frères ne s’étant pas mariés, c’est lui et sa branche familiale qui héritent des titres de la famille (mais tous les titres ne relèvent sans doute pas du même droit nobiliaire et des mêmes règles de succession).

Victor-François-Marie-Léon-Amédée de Broglie a eu un enfant naturel, Nicolas Triboulet, qu’il a été obligé de reconnaître par décision judiciaire et qui a été autorisé à porter le nom de « de Broglie » par le Tribunal administratif. Depuis 1972, l’Etat a établi l’égalité des droits et des devoirs entre enfants naturels et enfants légitimes pourtant, si Nicolas ex Tirouflet et maintenant de Broglie hérite de tout ce qui appartenait à son père, il semble qu’il ne puisse acquérir ses titres, le droit nobiliaire stipulant que les titres se transmettent sous le seul respect des règles qui ont présidé à leur érection! 

Philippe-Maurice de Broglie: né à Paris le 28 septembre 1960. Homme d’affaires, il est le frère de Victor-François-Marie-Léon-Amédée de Broglie. Toujours célibataire, il a pour héritier présomptif son frère puiné, Louis-Albert de Broglie, né à Paris 8e, le 15 mars 1963.

 

[1] Le château de Rougemont a été construit au 13e siècle Or la tour, ronde, est bâtie sur une base – vestige d’une construction antérieure – carrée.

 

[1] Une colonge était une forme de métayage héritée du droit alémanique. Des portions de terre étaient attribuées à des colons qui y construisaient leur habitation. L’ensemble des colongers était dirigé par un colonger particulier, un maire désigné par le seigneur.

 

[1] Pierre Keller (Paris 6e  8 mai 1867-19 avril 1952 Paris) était le fils d’Emile Keller. Le 22 septembre 1891, il avait épousé, à Saint-Dizier (Haute-Marne), Marie-Emélie-Camille Simon (Saint-Dizier 23 févier 1871-25 janvier 1950 Rougemont-le-Château), fille de Claude-Stanislas Simon (Badonvilliers-Gérauvilliers, Meuse 15 décembre 1828-24 novembre 1906 Saint-Dizier), maître de forge, et Marie-Angélique Laguerre (Saint-Dizier 3 décembre 1841-), avec qui il a eu 8 enfants: Monique (24 févier 1893-14 mars 1893), Stanislas (Saint-Dizier 1894-14 décembre 1894 Rougemont-le-Château), Joseph (Nancy, Meurthe-et-Moselle 2 mars 1896-19 mars 1916 Soultzeren, Haut-Rhin), sous-lieutenant de Chasseurs alpins, Mort pour la France, Marguerite-Marie (Rougemont-le-Château 3 novembre 1897-29 août 1992 Parleboscq, Landes), Denis (Rougemont-le-Château 8 août 1899-12 août 1899 Rougemont-le-Château), Adrienne (Rougemont-le-Château 10 octobre 1901-22 févier 1938 Sierre, Valais, Suisse), Etienne (Rougemont-le-Château 4 févier 1905-29 janvier 1999 Rougemont-le-Château) et Michel (Paris 7 févier 1907-18 décembre 1951 Pau, Pyrénées-Atlantiques). Pierre Keller avait été président des Forges d’Audincourt, de la Société minière de Meurthe-et-Moselle et de la Cie générale du basalte et administrateur de Denain-Anzin.

     A partir de 1896, Pierre Keller participe à la vie électorale de Rougemont en se présentant aux élections municipales sur une liste emmenée par le Maire sortant, Gaston Erhard. Elu, il est également réélu en 1900 et 1904. Battu en 1908, Pierre Keller fait son retour au Conseil municipal en 1919 et devient Maire (1925-1935). Réélu au Conseil en 1935, il cède néanmoins le fauteuil de Maire à Auguste Perrot. Pierre Keller fait partie du Conseil municipal reconstitué par arrêté préfectoral en 1945 mais renonce à se présenter au 2e tour des élections d’août 1945.

     Michel Keller, fils de Pierre Keller, avait épousé Alice Denis de Rivoyre (Cherbourg, Manche 14 janvier 1914-2 mai 2004), fille de Camille-Marie-Louis-Claude Denis de Rivoyre (Vernon, Eure 26 décembre 1886-6 juillet 1964 Cère, Landes), contre-amiral et Commandeur de la Légion d’Honneur, et Marguerite de Poyferré de Cère (New-York, EUA-), le 15 août 1934 à Paris. Alice Denis de Rivoyre était la cousine de Christine-Berthe-Claude Denis de Rivoire (Tarbes, Hautes-Pyrrénées,  29 novembre 1921-3 janvier 1919 Paris 15e), journaliste et écrivaine (La Mandarine, 1957, Le Petit matin, Prix Interallié, 1968), fille de François Denis de Rivoyre (Vernon, Eure 1er mai 1884-29 décembre1946 Onesse-et-Laharie, Landes) et Madeleine Ballande (Bordeaux, Gironde 25 févier 1894-25 mai 1969 Odesse-et-Laharie, Landes) et frère de Claude Denis de Rivoyre.          

    Michel Keller décédé, Alice Denis de Rivoyre a épousé, en 1986, Jean Boucher de Crèvecoeur (Pont-à-Mousson, Meurthe-et-Moselle 17 décembre 1906-8 juillet 1987), général de division, Grand-Officier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre 1939-1945, Croix de Guerre des Territoires d’Opérations Extérieures, fils d’Etienne Boucher de Crèvecoeur (1870-1934) et Jeanne Ladret de Lacharrière (1879-1956) et veuf de Pierre-Danielle-Marie-Adine-Edmonde-Micheline de Rivière de la Mure (Château-Neuf-du-Rhône, Drôme 24 juillet 1910-7 août 1982 Pierrefitte-sur-Seine), fille de Guy Rivière de la Mure (Paris 16 juin 1879-13 juin 1957 Château-Neuf-du-Rhône, Drôme) et Simone Coustant d’Yanville (Paris 12 juillet 1887-8 août 1963 Château-Neuf-du-Rhône, Drôme). 

     Michel Keller et Alice Denis de Rivoyre ont eu 3 enfants dont Jean-Pierre Keller (6 août 1935-), qui a épousé Marie-Elisabeth Jean-Gérardot (2 févier 1942-), fille d’Etienne Jean et Marguerite Gérardot, qui deviendra Conseillère municipale de Rougemont entre 1989 et 1995. Jean-Pierre Keller est gérant de plusieurs sociétés intervenant dans les domaines de l’exploitation forestière, de la sylviculture et dans le commerce.  

 

[1] Charles-Edouard Schmerber, né le 2 Juillet 1825 à Mulhouse (Ht-Rhin) était le fils de Jean Schmerber (Mulhouse 24 août 1793-30 janvier 1871 Mulhouse), négociant en fer à Mulhouse, et Judith Schlumberger (Mulhouse 5 Ventôse An 13 ou 24 févier 1805-9 mai 1868 Mulhouse) et avait épousé Elise Girard, fille de Louis-Salomon Girard et Henriette-Marie Margot, née en 1831 à Sainte-Croix (canton de Vaux, Suisse), en 1850.

 

[1] Pierre-Marie-Joseph et Joseph-Jean-Marie Kern étaient les fils d’Emile Kern (Wattwiller, Haut-Rhin 14 juin 1862-), directeur d’usine, et Françoise-Jeanne-Hortense (Fanny) Bornèque (Giromagny 24 juillet 1862-8 août 1969 Besançon, Doubs). Pierre (Giromagny 26 août 1891-8 août 1969 Besançon, Doubs), marié 2 fois, a épousé Germaine-Mathilde-Thérèse Zeller (Nancy, Meurthe-et-Moselle 15 octobre 1894-), le 18 août 1919, à Nancy et Louise-Marie-Anne Percher, le 30 décembre 1959, à Besançon (Doubs), Joseph (Giromagny 8 févier 1893-24 décembre 1963 Belfort) ayant épousé Marcelle X (Marseille, Bouches-du-Rhône 1896-).  

 

[1] Parmi les actionnaires figurent, outre les membres de la famille, des industriels de la proche région : Ernest Boigeol (de Giromagny), Gaston Zeller, Charles-Louis Dorget et Victor Ehrard, industriels à Rougemont, tous membres du Conseil d’administration. Il s’y adjoindra, Roger Zeller, industriel à Etueffont, Gendre, de Masevaux, et des banquiers, lors de l’augmentation du capital porté à 600 000 F en septembre 1944.

 

[1] Gaston-Antoine Erhard avait épousé Marie-Thérèse-Charlotte Urbain, fille de François-Pierre Urbain (Moscou, Russie v 1825-7 Mars 1876 Nice, Alpes-Maritimes) et Louise-Charlotte Paris (Moscou, Russie 28 Septembre 1856-), le 8 Septembre 1880 à Avenay (Marne).

 

[1] Joseph-Emile Winckler (Rougemont 4 septembre 1859-24 octobre 1930 Paris), Antoine-Charles-Alfred Winckler (Rougemont 24 mai 1862-) et François-Jules-Joseph-Oscar (Rougemont 29 juillet 1866-1940) étaient les enfants de Joseph Winckler, fils d’Antoine Winckler et Marie-Anne Muller et Rosalie-Justine Hug (Aspach-le-Bas, Haut-Rhin v 1839-6 août 1909 Rougemont-le-Château).

     Joseph-Emile Winckler avait épousé Marcelle Forster (Masevaux, Ht-Rhin 30 mars 1874-13 mars 1964 Nancy, Meurthe-et Moselle), fille de Georges-Adam-Emile Forster (Oberbruck, Ht-Rhin 23 avril 1840-), médecin à Masevaux, et Joséphine-Jeanne-Alexandrine Lardier (Masevaux 19 Mars 1852-) et François-Jules-Joseph-Oscar Winckler, Léonie-Hélène André (Masevaux 30 décembre 1870-26 décembre1944 Paris), fille d’Emile-Innocent André (Masevaux 28 décembre 1834-), fabricant de tissus, et Marie Priquet (Héricourt, Hte-Saône 1846-27 novembre 1939 Le Val-d’Ajol, Vosges).

 

[1] Fils de Jules-Fernand-Carlos Dorget (Faucogney-et-la-Mer, Hte-Saône 26 octobre 1865-31 mai 1934 La Longine, Hte-Saône) et Louise-Agathe Tuaillon (Faucogney-et-la-Mer 12 mars 1862-11 octobre 1898 La Longine, Hte-Saône), Carlos-Louis Dorget avait épousé Claire-Marie-Emélie Walter (Granges-sur-Vologne, Vosges 2 mai 1900-11 août 1981 Remiremont, Vosges), fille de Didier-Marie-Emile Walter (Granges-sur-Vologne, Vosges 16 septembre 1868-15 avril 1954 Granges-sur-Vologne), industriel, et Marie-Claire-Emélie Didiergeorge (Bruyères, Vosges 5 octobre 1873-11 mars 1962 Granges-sur-Vologne), le 6 févier 1920 à Granges-sur-Vologne.

 

[1] Catherine de Habsbourg (Vienne, Autriche 9 févier 1320-29 septembre 1349 Vienne), était la fille de l’empereur Léopold Ier d’Autriche (Vienne 4 août 1290-28 févier 1326 Strasbourg, Alsace) et de Catherine de Savoie (vers 12096-vers 1336).

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